Parler aux défunts : Et si c'était possible ?

A écouter Patricia Darré, journaliste-médium, on ressort convaincu que des forces invisibles existent. «Connectée», elle explique sa mission sans en faire toute une histoire. Un physicien quantique et un chercheur confirment, arguments scientifiques à l’appui. Troublant.


Alors, comme ça, on a des visions ?

Patricia Darré: [Rires.] Eh oui! Au Moyen Age, on m’aurait brûlée ! Si j’ose sortir de ma petite vie provinciale et de ces années de médiumnité sans tapage, c’est parce qu’un éditeur me l’a demandé, mais aussi parce que, parallèlement, j’ai entendu une voix me dire : “Et si c’était le moment ?” Je suis donc là pour transmettre ce qu’on m’a dit de dire.

“On” ?

Ma Hiérarchie. C’est le nom que je lui donne. Je dis aussi, dans mon langage trivial, “mes mecs de là-haut”. Je suis laïque et il n’y a pas de religiosité dans mes propos. Il s’agit en fait d’une sorte d’équipe, des gens comme nous mais supérieurs puisqu’ils ne semblent connaître ni fatigue ni contrariétés et qu’ils sont en quelque sorte mes directeurs de conscience. Nous avons tous une Hiérarchie qui nous guide. Le médium, lui, est connecté à elle pour pouvoir mener à bien ses missions, pour interagir entre le monde des vivants et celui des morts.

Donc vous n’êtes pas voyante, vous n’annoncez pas l’avenir…

Et je ne guéris pas non plus les écrouelles ! Je plaisante, mais si vous saviez ce que les gens me demandent ! Détourner par magie un testament, aider un fils à ne plus se droguer, guérir une fistule anale, etc. Je ne suis pas un service après-vente pour petits bobos ni un gourou, mais un intermédiaire – un “médium” – entre les vivants et les défunts.

Depuis quand êtes-vous «médium» ?

Ça s’est déclenché de manière soudaine en 1995. J’avais 38 ans, mon fils venait de naître, j’étais comblée. Journaliste, épouse d’avocat, mère enfin. Une nuit, j’entends une voix qui me déclare : “Lève-toi, prends un papier, écris !” J’ai pensé que c’était le baby blues ou que j’avais mangé quelque chose qui ne me réussissait pas… Je me renfonce sous ma couette. La voix reprend : “Il me semble t’avoir dit de prendre un crayon !” Je me mets à mon bureau, convaincue que je suis timbrée, et ma main se met à écrire ! Mais comment peut-elle écrire puisque mon cerveau ne pense pas ? Je lis, entre autres : “Maintenant c’est fait, tu es connectée à l’autre dimension. Evidemment on ne viendra que lorsque ce sera nécessaire, pas quand tu voudras. Inutile de nous appeler à tout bout de champ. Tu ne manipuleras pas les esprits. Tu ne feras pas commerce de ce qui te sera dit. Tu restes où tu es. Tu gardes ta vie. Tu as juste cette possibilité supplémentaire comme c’était prévu".

Quel fut votre réflexe au petit matin ?

Je cours chez le premier psy et je lui raconte. Il m’arrête : “Ils ?” Je réponds : “Oui, c’est bizarre, mais je sais qu’ils sont plusieurs.” Il me donne un crayon et c’est reparti ! Je noircis des pages. On déchiffre le texte qui parle de lui, de sa maman près de mourir… Il est aussi scotché que moi. “Ce n’est pas de mon ressort, tranche-t-il, c’est de la médiumnité".

Votre réaction : choc ou évidence ?

Choc, bien sûr ! J’avais une image épouvantable de ces trucs-là ! Je n’avais aucune envie de cette vie de Mme Irma, de ces grigris ! Ni de me marginaliser. J’étais une femme d’édile local, j’avais un bébé, un boulot. Mais on n’échappe pas comme ça à leur “élection”. D’après eux, j’étais programmée pour cela de longue date et maintenant que ma petite vie roulait, il fallait me mettre au boulot. Peu à peu, j’ai fini par accepter ma capacité qui, avec le temps, s’est s’affinée. Avec la crainte que mon mari, hyper-rationnel et agnostique, ne puisse l’accepter. “Non, me rassurent-ils, tu vas lui en parler et il te répondra que tu n’as pas l’air plus folle que d’habitude.” De fait, c’est mot pour mot ce qu’il me dira !

Comment cela se passe-t-il ? Les morts vous apparaissent ?

Oui, en 2D. Mon premier mort, je l’ai vu à France Bleu où je travaille. C’était le père d’une technicienne : “Pouvez-vous dire à ma fille qu’elle appelle sa mère ? Elle doit aller à l’hôpital, c’est grave.” Je transmets à l’intéressée en le décrivant : c’était bien lui. Depuis, j’en ai vu des paquets. Je ressens leur charge vibratoire – tout est une question de vibration plus que de mots –, je suis comme une sorte d’antenne qui peut capter leur fréquence. Dans les dîners, parfois, je provoque des ambiances pas possibles, car il arrive qu’un défunt vienne me délivrer un message à l’attention d’un des convives, souvent éberlué. Voilà pourquoi je m’attache à le décrire. Ce n’est jamais moi qui choisis d’entrer en lien avec un défunt. C’est la Hiérarchie qui m’y autorise. Ceux qui, à des fins mercantiles, prétendent pouvoir parler à tel ou tel mort quand on les consulte, sont des escrocs.

Mais pourquoi ces défunts se manifestent-ils à vous ?

La mort physique est un passage vers un autre plan où la matière, et donc notre corps, est plus éthérée. Ce passage est plus ou moins long selon les cas. Certains défunts ne veulent pas tourner la page, trop attachés à leur existence terrestre, certains sont des esprits mauvais, d’autres des âmes errantes, tourmentées. Ils ont besoin de moi pour partir. Je dois les rassurer jusqu’à ce qu’ils visualisent une porte lumineuse et qu’ils s’y engouffrent. J’ai un rôle de “passeur d’âmes”. Certains m’utilisent aussi pour transmettre des messages. L’autre jour, je m’apprêtais à conduire mon chat chez le vétérinaire. Impossible de démarrer ma voiture pourtant neuve. J’appelle le dépanneur de l’assurance : je ne serais pas enregistrée ! Je veux ressortir le chat : envolé de son panier de transport qui était pourtant fermé ! Chez moi, le téléphone sonne : un ami me demande d’aider un de ses copains qui a un curieux problème d’électricité chez lui : ça n’arrête pas de s’allumer et de s’éteindre. Au moment où je m’apprête à appeler ce monsieur, un défunt m’apparaît : “Pouvez-vous dire à mon frère de ne pas signer la vente de la maison familiale ?” Je répète à mon interlocuteur ce que je vois et j’entends qu’il reconnaît son frère. Il a annulé la vente ; les interrupteurs ont cessé leur danse de Saint-Guy ; le chat était de retour dans sa boîte et j’ai pu redémarrer la voiture !

«LES ÂMES ERRANTES PERTURBENT LES VIVANTS»


Les âmes errantes, dites-vous, perturbent les vivants…

Elles ont besoin de l’énergie des vivants pour survivre et elles les “infiltrent”, ce qui peut être la cause de déprimes, de maladies. Je m’adresse à ces esprits errants en leur disant de cesser – certains ne savent pas qu’ils infiltrent ou même qu’ils sont morts ! – et je les accompagne vers la lumière.

Des personnes seraient “infiltrées” parce qu’elles auraient sollicité les forces maléfiques…

C’est le cas lors de séances de spiritisme. Beaucoup le font pour plaisanter, mais il ne faut pas prendre à la légère les forces négatives. Le diable existe. Il est là pour tester notre capacité de résistance. Faire tourner les tables, c’est jouer avec le feu. Le diable s’incruste. Il faut l’affronter. Une prière ne suffit pas. Il faut le chasser ! Je m’y attelle, c’est une lutte. Il ne me fait plus peur, mais j’en ressors épuisée. Au contraire, lorsque j’aide quelqu’un à passer vers la lumière, je me sens rechargée.

Selon vous, on a tous des anges gardiens…

Oui, ce sont des morts qui ont mission de veiller sur nous pour nous aider à évoluer. Ce qui leur permet à eux aussi d’évoluer. Dans l’au-delà, il n’y a pas de bien ou de mal, ni de valeurs morales comme nous l’entendons, mais une valeur énergétique. L’essentiel consiste à se charger d’énergie positive pour évoluer. Ici, dans notre bref séjour terrestre, cela se fait au prix de souffrances, de deuils, autant d’étapes pour évoluer. Ce qui nous est nécessaire n’est pas forcément ce qu’on juge le mieux pour nous. Ce qui nous semble mieux n’est pas forcément ce qui va nous faire avancer.

Amis rationalistes s’abstenir : donc l’invisible existe !

Oui, “les forces de l’invisible” existent bel et bien. Ce qui peut effrayer, mais rassurer aussi. Cela montre que l’homme, la vie sont bien plus extraordinaires que ce que notre société matérialiste nous laisse penser. Imaginez si notre vie n’était que ça ! Mais elle est bien plus immense. Nous ne sommes qu’un morceau de notre réalisation, une part d’un immense système. Nous n’arrêtons pas de passer d’un monde à un autre, d’une dimension à une autre, d’une vibration à une autre. Nous devons nous frayer un chemin ici-bas parmi des personnes plus ou moins évoluées. Ce n’est pas toujours facile. Nous nous laissons happer, tromper par le matériel. Or celui-ci meurt, il n’est rien. En usant des forces de l’invisible avec sagesse, on peut ouvrir sa conscience à d’autres réalités et avancer sur le chemin spirituel.

Encore faut-il nous libérer de notre ego. Vous dites que cela ralentit l’évolution de certains défunts, comme Napoléon, par exemple, avec lequel vous avez communiqué.

Oui, il était encore pétri de haine et de mensonge, il semblait usé. Mais au fil de nos échanges – au cours desquels il m’a révélé qu’il n’était pas enterré aux Invalides ! –, il a évolué. Plus il a pu exprimer sa vérité à ses héritiers – qui étaient à mes côtés pendant ces communications –, plus il s’est allégé.

Vous auriez aussi été en contact avec Jeanne d’Arc ?

Qui n’est pas du tout la bergère de Domrémy telle qu’on l’imagine, mais une femme éduquée et dotée d’une autorité martiale. Il y a longtemps qu’elle est dans la lumière. Elle a tenu à communiquer avec moi parce qu’elle est fatiguée d’être réduite à une image pieuse et entend révéler qu’elle n’est pas morte consumée ! Le point commun de ces défunts est que tous ont besoin de rétablir la vérité. Parce que le mensonge que l’on crée ici déstabilise l’au-delà et, inversement, l’au-delà a besoin de vérité pour nous aider à nous équilibrer.

Et des nouvelles de Jean-Luc Delarue…

J’ai eu des communications avec le show-business, comme avec d’autres, mais pour moi ce n’est pas primordial. Leur célébrité n’existe plus dans l’au-delà. Je regrette que certains médias aient révélé des propos off. Ce n’est pas ce voyeurisme-là que j’aimerais qu’on garde de ma mission.

Comme Jean-Paul II, vous dites qu’il ne faut pas avoir peur.

D’autant plus que nous avons programmé notre naissance. Eh oui ! Nous sommes responsables de notre vie. Et comme nous avons un énorme pouvoir de création, on ne subit pas sa vie, on la fait. Ce que nous appelons la mort n’est qu’une transition avant d’aller plus loin.

Vous n’en avez pas marre de voir des défunts ?

Si. Parfois, j’aimerais qu’ils me laissent en paix. Mais quand j’arrête, je tombe malade et, dès que je reprends, ça va mieux. C’est lourd, mais mon entourage est habitué. J’essaie de désacraliser les choses. Beaucoup d’autres que moi ont cette possibilité, car c’est naturel, comme si je recevais un e-mail de l’au-delà, comme si j’en transmettais. Bien sûr, je ne fais pas payer, je suis récompensée par le réconfort que j’apporte. Cette paix, ce sourire. On n’est là que pour cela, pour s’entraider. La médiumnité n’est pas un métier, c’est un partage.

«Les lumières de l'invisible», de Patricia Darré, éd. Michel Lafon.

Source : Paris Match

A lire également : La vie après la mort - Par Stéphane Allix



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