Le Spiritisme est-il toujours à la mode ?

C’est lors de mes récentes vacances que j’ai pu observer dans un cercle spirite situé du coté d’Agen le déroulement d'une de ces soirées où les esprits sont censés se manifester et apporter réponse à nos nombreux questionnements métaphysiques.


Tout d’abord, il faut que je vous dise que je m’étais déjà intéressé à ce phénomène. Mieux, j’ai dévoré les livres d'Allan Kardec. Tout d’abord le livre des esprits et celui consacré au médium. Afin de ressentir au plus près les flux du célèbre médium lyonnais, j’ai même visité sa tombe au cimetière du Père Lachaise. Invité à plusieurs reprises dans des cercles spirites dans le nord de la France et ailleurs, je n’avais jamais sauté le pas pour ainsi dire.

Alors ce vendredi- là quand mon amie Dominique m’apprit qu’elle allait faire cette expérience, mon sang ne fit qu’un tour et je décidai de me joindre à ce sympathique groupe d’hommes et de femmes inspirés par les fluides invisibles et par les communications avec l’au-delà.
En réalité, je suis sorti de cette expérience un peu frustré. Hors quelques lectures d’un ouvrage du maître Kardec et des prières pour des personnes pour certaines vivantes et d’autres décédées, ma soif de manifestation tangible est restée inassouvie. Je ne prétends pas faire de mon expérience un cas d'espèce ou une vision définitive de ces soirées spirites. Mais juste faire un petit tour d'horizon du spiritisme dans son histoire et dans sa renommée un peu partout sur la planète.
Ma curiosité naturelle, ma qualité de médium m’incitent à y voir plus clair. Alors plongeons-nous dans le mode particulièrement passionnant des esprits à travers les âges et sa culture.

Pour commencer, les mots "spirite" et "spiritisme" ont été créés par le Allan Kardec en France en 1857 lorsque celui-ci fit paraître son premier ouvrage sur le sujet : “ Le Livre des Esprits”.
La communication avec les esprits dans son mode de fonctionnement est déjà monnaie courante à la même époque en Angleterre et aux États-Unis. Les sœurs Fox font un tabac au pays de l’oncle Sam. Médiums, elles parlent avec les esprits errants dans leur maison et procèdent à toute sorte de méthode afin d’obtenir des informations des esprits défunts.

On découvrira que tables tournantes et écriture automatique sont les outils principaux de ces spirites. D’autres procédés ont pourtant déjà vu le jour en Grèce antique, en Chine, en Afrique et dans d’autres contrées inconnues.
L’histoire du spiritisme ne commence pas à l’époque de Victor Hugo, grand adepte de ce mode de communciation avec sa fille décédée. Pendant son exil dans les îles anglo-normandes, lui, l’homme instruit et au mental peu faible verra son intérêt pour ces communications grandir. La mort de sa fille Léopoldine finira de le rendre consommateur de tables tournantes et de oui-ja.

Aux Philippines, ce type d’évocation spirite existe depuis le XVIe siècle. Guérisseur aux mains nus, et exorciseur invoquent les esprits. Si on y mêle prières et rituels dans un esprit de synchrétistime, c’est pour mieux parler avec ces esprits restés en contact avec les vivants et pouvant intercéder auprès de divinités.
Plus avant dans les siècles passés, des psychomanteum ont été érigés en Grèce afin de réaliser dans les meilleures conditions ce fameux contact avec les personnes disparues et étant dans l’au-delà. Des petits lieux ou temples était mis à disposition des initiés . Au centre de cet espace sacré, un miroir permettait cette communication ou vision selon les cas.

Aujourd’hui, le Brésil est le pays le plus fervent dans cette expression spirite. Plusieurs millions d’adeptes et des places et rues sont consacrées à notre Allan Kardec. Rien que ça, l’homme qui a développé dans notre pays cette science paranormale est célébré au pays de Pelé. Son vrai nom, en fait, est Hippolyte Léon Ripail. Il pensait avoir été un druide dans une autre vie, et cela lui avait confirmé dans une séance de spiritisme.
Bien des cercles existent partout en Europe et en France nombre de ces disciples tentent de faire perdurer cette mystérieuse communication avec les morts.
La science a vainement essayé d’expliquer de façon rationnelle ces énigmatiques échanges avec l'au-delà mais rien n’y fait. Son intérêt reste vif et démontre que l’homme depuis toujours cherche à mystifier la vie et la mort à travers des actes, des rituels et des formes de communication parfois bien étranges.

Didier Beltran pour AVS 2015

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